Petite commune bien vivante, Pillac abrite aujourd’hui une petite communauté de Britanniques. Mais dans les années 60, « Paris Match » lui offrit une petite notoriété en publiant un reportage sur un drôle d’ermite.

Pillac a fait la Une de Paris Match. C’était en 1963. Grâce à Elysée Villatte auquel l’hebdomadaire a consacré un reportage photos de quatre pages. Cet homme a vécu dans les bois de la commune pendant près d’une quarantaine d’années. Cet homme, apparemment en délicatesse avec sa famille, avait choisi la solitude dans le dépouillement. Il vivait dans des cabanes de bois qu’il fabriquait lui-même de bric et de broc.

Autrefois tout le monde avait entendu parler de lui. « C’était un colosse » raconte aujourd’hui François Monget, le maire de Pillac, qui l’a parfois entrevu dans sa jeunesse. « Il n’était pas méchant mais faisait peur aux enfants quand ils l’apercevaient avec sa barbe et ses cheveux très longs ».

Marcel Audouin un ancien maire de Pillac l’a mieux connu. « On le croisait parfois entre Aubeterre et Pillac. Il tirait une carriole avec un fut dans lequel il récupérait les eaux des fosses sceptiques mais ça brinquebalait pas mal ». Il allait régulièrement dans l’ancien abattoir d’Aubeterre « pour récupérer du sang de boeuf » ajoute Marcel Audoin. Parfois les gendarmes venaient le chercher. « Et quand ils le menottaient, il avait une telle force qu’il les cassait » se souvient l’ancien maire. « Et malgré ces conditions de vie assez dures, je ne l’ai jamais vu malade ».

Il est mort « vers le 5 août 1965 » précise son avis de décès. « Il a été découvert une dizaine de jours après » raconte l’ancien maire. Personne ne sait vraiment pourquoi. Il était né le 6 septembre 1900. « On a bien proposé des visites de l’endroit où il vivait, surtout qu’il y avait eu le passage de Paris Match. On a répertorié les endroits où il vivait, mais finalement ça n’a pas beaucoup intéressé » raconte aujourd’hui Marcel Audouin. L’ermite de Pillac – « le barbu » comme il était appelé parfois – est parti avec son mystère.

Par Pascal HUORD, publié le 17 mai 2014 à 13h27.